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Portrait de Com’ : Yannick Sellier, Formateur/Enseignant et Fondateur de Kinexpo

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Dans Portrait de Com’, l’Agence LT s’intéresse à celles et ceux qui font la Communication en Lorraine et ailleurs, parce que les gens passionnés sont passionnants ! Une interview pour découvrir et comprendre le regard des ces personnalités sur la communication d’hier, d’aujourd’hui et surtout de demain.

LT : Qui es-tu ? Quel est ton parcours ?
YS : Je m'appelle Yannick SELLIER. J'ai étudié l'histoire du cinéma et de la télévision. Après une expérience comme guide conférencier et bibliothécaire, j'ai monté une entreprise culturelle (www.kinexpo.org) en vue de développer des expositions culturelles, ainsi que des formations et des ateliers autour du web et des médias. En résumé, je maîtrise aujourd'hui le graphisme, la vidéo et le web pour développer des contenus pédagogiques.

LT : Comment définirais-tu la communication ?
YS : La communication doit être le prolongement de son activité et pas "autre chose". Il faut qu'on reconnaisse l'activité, les services, les valeurs de l'entreprise via sa communication. Par exemple, sur facebook, je ne partage pas que l'actualité de mon entreprise mais également des outils qui permettent d'animer les expositions culturelles que je diffuse. La communication doit être perçue comme un service de l'entreprise vis à vis des bénéficiaires actuels ou des futurs bénéficiaires de nos prestations.

LT : Comment l'appliques-tu dans ton quotidien professionnel ?
YS : Je mets actuellement en place un calendrier éditorial pour établir une ligne éditoriale à destination de chacun de mes réseaux, avec l'objectif de répondre à des besoins. Par exemple, proposer de la veille sourcée sur les croisements entre culture, pédagogie et numérique sur Linked In, où je suis surtout suivi par des personnes que j'ai formées, ou proposer des outils d'animation sur Facebook, où je suis plutôt suivi par les professions culturelles comme les bibliothécaires. J'ajoute qu'il faut savoir adapter les standards de la communication à son public. Etant particulièrement attaché à la pédagogie, je souhaite que mes supports de communication soient moins des vitrines et plus des outils pour bien comprendre ce que je propose. Dans la culture, on a tendance à vouloir faire "moderne". Au point parfois de perdre le public sur des sites "alambiqués", là où une dose de simplicité peut permettre au contraire d'être plus accessible. La communication en dit beaucoup sur l'état d'esprit d'une institution.

LT : Quelle est ton opinion sur la communication via les réseaux sociaux ?
YS : Je pense qu'elle doit être parcimonieuse (pas plus de 2 posts par semaine) pour une "petite structure". Et plutôt qualitative : le remplissage ne sert à rien ! Cela peut perdre la personne. Ensuite, il faut penser "durée des contenus" - durée de lecture en fonction du réseau, du média, de l'heure. Mais surtout "durée des contenus" sur le long terme : une publication de qualité aura plus de durée et sera consultée plus régulièrement qu'un post trop vite fait. Enfin, comme je l'ai dit, penser d'abord à ce qui est utile pour les personnes.

LT : Quel est ton réseau social préféré ?
YS : Instagram est le plus "agréable" en terme de lecture des contenus. Linked In a bien évolué mais il est dommage que certains l'utilisent comme un fourre-tout. Facebook reste encore un réseau social puissant et utile pourvu qu'on l'utilise bien.

LT : Comment imagines-tu la communication dans le futur ?
YS : La difficulté est moins de trouver les bons canaux pour s'adresser aux plus âgés que pour s'adresser aux plus jeunes. J'ai 36 ans et je sens le décalage avec les jeunes de 20 ans dans leur manière de communiquer entre eux. Heureusement, je fais de la veille sur ces sujets. Les jeunes d'aujourd'hui sont mes clients de demain, et cela m'interroge parfois. Mais en résumé, je pense que tant qu'Internet existera, il existera des canaux numériques pour communiquer. Et toute la force d'une communication résidera dans le bon équilibre, la complémentarité et le lien à créer entre la communication sur écrans et la communication avec des supports plus matériels. A mesure que le « digital » se généralise, le "matériel" peut gagner en valeur, pourvu qu'on l'utilise bien et qu'il propose une réelle expérience, ou en tous cas un contenu différent, original et complémentaire des plateformes.

LT : Raconte-nous une pub, d’hier ou d’aujourd’hui, qui t’a marqué.
YS : La publicité pour Evian avec les bébés (https://youtu.be/iA5Kwb71EqI) : j'aime beaucoup les comédies musicales. Cet hommage à Busby Berkeley (que je ne le connaissais pas quand je l'ai vu plus jeune) continue de me plaire.
En faisant un pas de côté, j'adore le générique de Culture Pub (https://youtu.be/ulkPPBJHbnw). Cette musique est géniale et on l'a tout de suite dans la tête.
Au-delà, le fait de reconnaître la plupart des logos alors que beaucoup ont évolué illustre bien le fait que la publicité est aussi devenue une référence culturelle pour certaines générations ("Tu pousses le bouchon, un peu loin Maurice", "Mais pourquoi est-il si méchant ? Parce queeee" etc !).

LT : Pour conclure, quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer dans ce métier ?
YS : Quelle que soit sa spécialité (vidéo, web, graphisme), on est concurrencé par des plateformes (pow toon, wix, canvas). Il faut donc avoir un réel positionnement surtout si l'on travaille en indépendant ou en petite équipe. Par exemple, j'ai choisi celui de l'éducation, de la pédagogie. En terme de communication, je m'intéresse plutôt au "contenu de marque" (ou "content marketing") où il y a tellement à faire. Le risque, c'est de travailler dans une "usine à logos" à bas prix. A cela s'ajoute une concurrence internationale : combien de développeurs font appel à des petites mains du web basées dans les pays à bas coût salarial ? Et la digitalisation accrue par la pandémie accélère tous ces phénomènes. Mais avec un vrai positionnement, des idées, une spécialité ou un talent, il y a encore la possibilité de développer une communication basée sur l'humain, sur des valeurs, sur un savoir-faire que les solutions "automatisées" ou à "bas coût" ne remplacent pas. En bref, il y a de la place pour les bons projets mais il faut bosser et il faut s'accrocher !

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